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© 2019 Passion Flamenco Mâcon 

Apprentissage du Flamenco et transmission de la culture Flamenca

 

Blog

Rencontre avec l'artiste Flamenca Mathilde Ménager

January 24, 2018

Nous avons eu envie de vous faire partager nos belles rencontres autour du Flamenco. Pour initier cette série de portraits, nous avons naturellement choisi de vous présenter celle qui accompagne avec talent et bienveillance les danseuses depuis le début de l'histoire de l'association : l'artiste Mathilde Ménager.

 

 # Qu’est ce qui t’a amené au flamenco ? Racontes nous tes débuts ... 

Le hasard total... Je n'y connaissais rien, je ne suis pas d'origine espagnole mais j'ai toujours été intéressée par les cultures diverses et les activités physiques. A 15 ans, j'avais déjà 10 ans de gymnastique derrière moi et quelques années de cirque, de piano, de flûte traversière, de chant... J'ai alors trouvé, dans mon lycée, à Chalon-sur-Saône, une affiche avec une jolie danseuse couverte de volants puis, en dessous, un numéro de téléphone avec marqué "cours de Flamenco". J'ai eu envie d'essayer et mes parents étaient plutôt complices de mes diverses tentatives en tout genre...
Mes débuts ont été plutôt concluant. Mélanie Pepey, de Dijon, descendant tous les samedis matins à Chalon et m'encourageait à continuer. Mes grands-mères ont contribué à m'inciter à poursuivre. 
J'avais le temps. Enfant, c'est parfois plus simple pour s'impliquer dans une activité aussi prenante et étrangère que le Flamenco.

 

 crédit photo Jef Ménager

 

 

# Qu’est ce que le flamenco t’apporte ? Qu’as tu obtenu grâce à lui ?

J'ai découvert le cante flamenco beaucoup plus tard, lors de mon erasmus en Espagne. J'avais déjà 7 ans de danse flamenca derrière moi mais, arrivée en Espagne, je me suis rendue compte que je ne savais rien ! C'était assez dur à encaisser... mais c'est ça aussi le Flamenco. Tu sais que tu ne sais rien. En permanence. Et c'est sans fin donc comment s'épanouir là-dedans ?...
J'ai alors été attirée par le chant (qui n'est pas non plus une discipline bien simple...)

Le cante me fait du bien. Un lâché prise encore plus grand que lorsque je joue (je suis aussi comédienne). Je me sens remplie, vivante, présente lorsque je chante. Ne pas avoir envie d'être ailleurs, c'est le plus important.

Le baile me fait encore très peur d'où le fait que je ne me produis par sur scène autant que je le voudrais... C'est une discipline tellement exigeante qu'il faut beaucoup de maitrise, de technique, d'écoute... bref, de talent pour pouvoir danser vraiment librement.

 

 

# Quel est ton palo préféré ? As-tu un mentor ? As-tu eu des rencontres déterminantes ?

 

Mon palo préféré... L'alegria je crois. Même si j'aime aussi beaucoup les cantes jondos, car j'aime les choses tristes, je prends beaucoup de plaisir à surfer sur le 12 temps de ce palo pour tenter d'incarner une joie profonde. Je me sens aussi plus libre sur ce palo pour faire la "fanfaronne", ce qui fait aussi partie de moi...

C'est "Talegon de Cordoba" (cantaor de Madrid) qui a été mon 1er prof et je lui dois le placement de ma voix. Le fait d'oser et de ne pas avoir honte. Avant chaque passage individuel, on devait s'envoyer un verre de rouge pour se sentir plus libre. Lui, suçait ses bonbons car il n'avait plus de droit de boire... C'était une ambiance particulière...

"Mari Pena" (cantaora) et "Carmen Ledesma" (bailaora), de Seville, sont des personnes qui ont bouleversées ma pratique du chant et de la danse. 

Mari, pour avoir remis du sens dans le chant. Le chant, ce n'est pas que pour faire beau ou pour se défouler. C'est avant tout une histoire qu'on raconte. Une histoire qui a du sens. Et, à partir de là, naissent les émotions. Il n'y a pas besoin de les inventer, elles sont là, dans la lettre. Il n'y a plus qu'à leur laisser la place. Penser à ce qu'on chante, redonner du sens, c'est capital, vital même.

Carmen, pareil mais en corporel. Le sens, l'expression avant tout. On s'en fous de regarder quelqu'un de joli qui se trémousse. Le flamenco c'est pas ça ! C'est au delà. Qu'est-ce qu'on incarne ? Qu'est-ce qu'on raconte avec notre corps lorsqu'on danse ? Se laisser traverser... que ça soit par le chant, la danse, la musique, le jeu... Prêter son corps, se laisser traverser.

Toutes ces idées, on les connait, on les pressent, on essaye d'y accéder mais ces 2 femmes nous le rappellent avec une telle urgence, une vraie générosité, une impérieuse nécessité qui remet du sens dans les choses et dans la vie même.

 

 

 crédit photo Jef Ménager

 

# Tu enseignes le flamenco, que souhaites-tu transmettre à tes élèves ?

 

Le lâcher prise. Le respect. Le sens. Le lien. Le bonheur qui passe, selon-moi, dans le fait d'être en adéquation entre sa pratique et soi-même. Tout est possible, il s'agit juste d'être à la bonne place. S'autoriser, se faire confiance, dans le respect des autres. Se remettre en cause, parfois, être conscient de ses limites, toujours, mais oser aussi, beaucoup. C'est la clé de tout. 

 

Pour découvrir le travail de Mathilde plus en détail vous pouvez consulter le site de sa compagnie : www.andajaleo.org. Voici le clip issu de l'album "Amargura" :

 

 

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